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La réinsertion psychosociale
La défiguration et les dysfonctions
ont des conséquences psychologiques. Le cancer du pharyngolarynx
est associé à une majoration de la détresse
psychosociale, à une altération de la qualité
de vie et à une augmentation du risque de suicide.
A court terme, ces conséquences sont
:
- la crainte de l'inconnu physique social et émotionnel
et l'anxiété liée au traitement. Le patient
est confronté à la perte de sa voix, à
l'altération de son souffle, à la perte du contact
social, à la douleur et à l'inconfort dus à
la chirurgie et à la radiothérapie.
A long terme, le laryngectomisé est préoccupé
par la modification de sa situation professionnelle, sa communication
orale, ses relations familiales et son intimité. Ces
éléments remettent en cause son image et son
identité.
Les troubles constatés sont :
- un retentissement sur la sexualité pour 8 à
33 % des patients;
- des problèmes psychologiques pour environ 50 %, des
patients à type de modification de l'image corporelle
: présence de la stomie, modification du visage, cou
rétréci, épaules tombantes, dégradation
de l'état dentaire.
Il peut s'y associer :
- dépression, anxiété, isolement social,
difficultés relationnelles,
- des épisodes de perte de contrôle et d'irritabilité
liés aux difficultés de communication pour 78
% des patients,
- des problèmes relationnels avec leur famille ou leurs
amis pour 38 % des laryngectomisés qui restreignent
leurs activités et restent à la maison. Ces
troubles
s'atténuent avec le temps,
- une poursuite de l'intoxication tabagique pour 13 % des
patients et de l'intoxication alcoolique pour les deux tiers
des patients.
La radiothérapie postopératoire
accentue ces handicaps et allonge la période de récupération,
bien que la qualité de vie à long terme reste
la même.
Les facteurs de risque sont :
- les données propres au patient : antécédents
psychiatriques, facteurs médicaux de comorbidité,
mauvaise couverture sociale, intoxication alcoolotabagique,
entourage familial déficient,
- les données liées au traitement : radiothérapie
postopératoire,
- les difficultés de communication avec l'équipe
de traitement qui doit être d'autant plus vigilante
que le patient présente des facteurs de fragilité
psychologique.
Moyens d'étude
L'évaluation du retentissement psychologique
et de la qualité de vie n'est pas perçuede la
même manière par l'équipe soignante et
par le malade. Des questionnaires
d'évaluation de la qualité de vie ont été
proposés pour suivre l'évolution du laryngectomisé.
Citons celui de l'EORTC et celui de List qui évaluent
l'état physique
(PSS-HN) et fonctionnel (FACT-HN).
Les résultats publiés montrent l'absence de
corrélation entre les possibilités de parler
et de manger d'une part et la qualité de vie d'autre
part. Les conséquences physiques et sociales ont une
l'importance prédominante pour le laryngectomisé.
Recommandations
La réinsertion est conditionnée
par la qualité des environnements professionnel, conjugal,
familial, sexuel, et par le maintien de ses loisirs.
Pour faciliter la réinsertion, il est important de
communiquer avec le malade et sa famille, de le rassurer quant
au contrôle de sa maladie, de lui redonner confiance,
de l'inciter à parler de ses problèmes, de l'inciter
à maintenir une vie familiale normale, à sortir,
à voir des amis, à maintenir au moins une activité
de loisir à défaut d'une activité professionnelle.
En ce qui concerne l'entourage familial, l'épouse peut
réagir de différentes manières : soit
par un maternage excessif, soit par un rejet lié à
un esprit de revanche envers l'intoxication causale de la
maladie. Un entretien est donc nécessaire avec l'épouse
du patient pour éviter ces comportements.
Les conseils et les visites des anciens laryngectomisés
sont très utiles. Il faut inciter le patient à
prendre contact avec une association de laryngectomisés.
E M C / Elsever- Paris 1998
OTO- RHINO- LARYNGOLOGIE
Réinsertion et surveillance médicale du laryngectomisé
Dr G. Mamelle, chef de service de chirurgie servico faciale
Dr C. Domenge, médecin interniste
Mme E. Bretagne Orthophoniste
(Institut Gustave Roussy)
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