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Monique COLIN Logopédiste (Bruxelles)
Nouvelles perspectives
Il est aisé de comprendre le désarroi
d'un patient présentant un cancer du larynx à
l'annonce de la chirurgie mutilante qu'est la laryngectomie
totale. Le patient va se trouver confronté à
la mutilation de façon brutale.
Une étroite collaboration entre lAssociation
des Mutilés de la Voix et l'Institut Bordet a permis
la mise en place (depuis janvier1990) d'un service communication
par Minitel pendant l'hospitalisation, et si nécessaire
au domicile.
Une utilisation structurée et standardisée
du Minitel via le réseau téléphonique,
tant en clinique qu'à domicile, fut proposé
aux nouveaux opérés.
Le ou les correspondants choisis par le patient doivent aussi
être en possession d'un Minitel qu'ils peuvent se procurer
gratuitement à l'institut Bordet. L'intérêt
de cette technique est manifeste.
Le but poursuivi étant dans un premier
temps d'annihiler le stress préopératoire et
d'amener le patient à une acceptation de cette mutilation
chirurgicale et dans un second temps de supprimer l'isolement
hospitalier par télécommunication. Et ce, bien
entendu dans l'attente de récupérer une voix
de substitution.
L'apprentissage au fonctionnement du Minitel
est simple et accessible à tous. Il peut se réaliser
en quelques heures pendant la phase de mise au point préopératoire.
Ce système permet à ces malades de communiquer
avec leur entourage au même titre que les patients bien
parlants, ce qui représente une aide affective et psychologique
importante.
Les commentaires et les résultats de
la mise en uvre du Minitel, certes encore à une
petite échelle, là encore, me laissent espérer
qu'avec l'aide de France Télécom, des organismes
sociaux et d'un établissement hospitalier, nous pourrons
procéder nous même à une expérience
pleine d'avenir. Je me suis promis d'essayer, mais il me faut
trouver des partenaires.
LEspoir, Revue périodique de la
Fédération Nationale des Laryngectomisés
(F N L )
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